Comment réagir aux attentats

La France a encore été frappée par un attentat. C’est dramatique. Nous devons être solidaire des victimes et de leurs proche. Nous devons faire deuil. Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour que ces événements ne se reproduisent pas mais que faire ? Que pouvons nous faire, nous, à notre humble niveau de simple citoyen ?

Pour le savoir, il faut s’interroger sur le pourquoi des attentats. La cause profonde. Quelles sont les motivations des terroristes.

La première chose à comprendre c’est que les terroristes ne sont pas fou. Ce ne sont pas des psychotiques vivant dans un monde chimérique. Les psychotiques sont totalement incapable de planifier et d’exécuter quelque chose d’aussi complexe que des attentats. Les attentats sont le produit d’une réflexion rationnelle, même si cette réflexion aboutie à une conclusion erronée et absurde.

Que recherche les terroriste ? Certainement pas à anéantir la population Française. Ils recherchent potentiellement plusieurs choses et comme ils y a plusieurs acteurs dans ces attentats, ces objectifs différents doivent être pris en compte.

– La reconnaissance et la transcendance d’une vie médiocre. C’est probablement l’un des moteur les plus important de ceux qui commentent directement ces actes. Ils veulent commettre un acte spectaculaire. Et cela vaut autant pour les auteurs d’attentat d’inspiration islamiste que pour les auteurs d’autres tuerie qui n’ont pas cette connotation religieuse (tuerie d’utoya ou de charleston par exemple). En un mot, les auteurs de ces attentats recherchent de la publicité. Et nous leur donnons ce qu’ils cherchent. Inutile d’accuser les médias. C’est bien nous qui sommes en cause. Les médias ne font que nous fournir ce que nous voulons, ils sont un miroir de notre société. S’ils font une couverture médiatique très détaillée et parlent à longueur de pages, et d’heures d’émission de ces attentats, détaillant minutieusement tous les éléments, faisant la biographie des tueurs, c’est avant tout parce que nous souhaitons avoir ces informations. Cette curiosité morbide n’est pas sans conséquence. Du fait de cette curiosité, les auteurs obtienne ce qu’ils cherchent : un impact médiatique, « du buzz », de la publicité. Si les attentats ne faisaient l’object que d’un entrefilet de quelques ligne et d’une simple mention au milieu des autres nouvelles, les candidats au suicide seraient certainement beaucoup moins nombreux. Comment agir à notre simple niveau pour contrer les terroristes à ce niveau ? C’est simple mais difficile : il faut volontairement faire taire cette curiosité obsessionnelle et ne pas accorder à ces événements plus d’importance qu’ils n’en ont réellement au niveau de notre vie quotidienne. Certes, le risque d’être victime d’un attentat n’est pas nul mais il reste extrêmement faible. Alors ne donnons pas aux auteurs des attentat ce qu’il cherchent à savoir notre attention. Arrêtons de passer des heures à écouter ou lire les détails des attentats. L’information brute suffit et elle tient en quelques lignes ou quelques secondes. Ensuite passons à autre chose et reprenons nos activités pour ne pas donner aux terroristes ce qu’ils recherchent.

– Au niveau de ceux qui promeuvent ces attentats, les motivations sont plus complexes mais la principale semble être la peur. Ils veulent nous faire peur pour que nous cessions d’intervenir dans leur zone d’influence immédiate. Ils veulent faire cesser les frappes aériennes, les pressions diplomatiques et les actions des forces spéciales occidentales. L’état islamique n’a pas toujours eu une stratégie terroriste vis à vis des occidentaux. Si elle a changé de stratégie c’est avant tout parce que les frappes aériennes et les efforts diplomatiques ont porté leur fruits et ont un impact significatifs. Il ne faut donc pas céder à la peur et continuer, voire amplifier les actions en cours contre l’état islamique. Pour ne pas céder à la peur il faut rationaliser les faits. Certes les attentats sont spectaculaires mais il faut relativiser leur impact : même lorsque le bilan humain est très lourd comme les attentats de novembre et celui qui vient de ce produire à Nice, le risque pour chaque français reste très faible : moins de 300 morts en un an, à comparer avec 3 464 morts sur la route en 2015 – dix fois plus – 49 000 décès par an imputés à l’alcool – plus de 100 fois plus – 10 300 suicide ou 73 000 imputés au tabac ou encore 1 672 mort de cancer de la peau. Les attentats terroristes sont donc un risque supplémentaire dans notre vie mais un risque minime. Pour la plupart d’ entre nous, il est inenvisageable de cesser d’utiliser les voitures, d’arrêter complètement de boire de l’alcool ou de s’exposer au soleil dans le seul but de réduire les risques associés. Nous devons raisonner de même avec les attentats – n’ayons pas peur et continuer à mener nos vie raisonnablement.

– Enfin ceux qui commanditent, commettent et promeuvent les attentats espèrent amplifier les discordes au sein de la population vivant en France. Ils cherchent à exacerber les tensions entre musulmans et non-musulmans, spécialement en déclenchant une réaction d’hostilité des non-musulman contre les musulman et enclencher un cercle vicieux de violences réciproques. Ils ont pour cela une arme cognitive : la difficile appréciation des statistiques. Le fait que tous les auteurs d’attentats sont musulmans peut induire certains à penser que la réciproque est vrai, que tous les musulmans sont de dangereux extrémistes sanguinaire, ce qui est bien entendu faux. De même, le fait que l’immense majorité des racistes sont blancs et Français de longue date ne veut pas dire que tous les blancs, Français de longue date sont raciste. Là encore nous pouvons agir à notre niveau individuel. C’est simple mais pas facile, il suffit de faire un effort supplémentaire pour mettre en œuvre concrètement le concept de fraternité, spécialement vis à vis des minorités visibles et des musulmans. Ce sont de petits actes, de petits gestes de tous les jours : un bonjour, un sourire, un mot aimable, une conversation impromptue avec une personne que l’on ne connaît pas, un coup de main à une personne en difficulté. Ces petits gestes au quotidien aident à apaiser les haines, aident à faire en sorte que les minorités se sentent acceptées. Cela peut être notre façon à nous de combattre le terrorisme et les haines aveugles. C’est exactement ce que j’ai commencé à faire – être encore plus attentif et plus amical avec les minorités visibles, comme réflexe à ces actes immondes.

Donc, pour résumer, notre moyen à nous citoyens ordinaire de combattre le terrorisme c’est d’abord d’arrêter de regarder les informations en boucle, de rationaliser nos peurs en prenant conscience que le terrorisme n’est qu’un risque extrêmement faible et surtout d’avoir une attitude fraternelle vis à vis des minorités visibles.

Et vous qu’en pensez-vous ? Banalités, chimère ou angle mort ?

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